Mercredi 2 juillet 2008

Mosconi

Nuit Apache

 

            Il me semble avoir lu il y a un bon moment je dirai plus de dix ans, une interview de Pouy où il disait qu’il le considère comme un maître, et je me renseigne sur le monsieur et il s’avère qu’il est plus jeune. Ca doit être une erreur ou un autre. Celui –ci en tous les cas afficherait un fort intérêt pour les indiens d’Amérique et une affection pour les hommes de caractère (on nous cite guy Debord – ce qui aurait plutôt tendance à me le rendre sympathique), mais ce Mosconi écrit essentiellement pour la jeunesse.

  

Extraits clin d’œil à M. Chiens écrasés :

« Cette histoire pourrait commencer par La rosita, une bande-son de Ben Webster et Coleman Hawkins. Une évocation facile, au charme désuet, sortie d’un saxo lancinant au service d’une rumba en clin d’œil. La musique n’existe que dans ma tête, je ne suis pas dans un film. Ce mardi 12 août, voilà une semaine, je longeais le canal Saint-Martin en direction de la place de la République pour rejoindre, après, le rue Montorgueil, là où je m’abrite. Moi, et ce qui reste de Pedro.

            A me voir, ainsi, la trentaine bien entamée, l’œil malin, le sourire ironique, avec ce qu’il faut de rides et de cicatrices pour faire profond, on n’imagine pas le dégoût que je m’inspire. (…)

            (…)

            Je n’avais pas grand-chose dans le réfrigérateur et pas la moindre envie de partager mon dîner avec des congés payés euphoriques. Personne ne m’attendait, ce n’était pas une raison pour me priver. Je suis un vorace, avec, toujours, un égal appétit indifférent aux fluctuations de mon moral.

            (…)

            Dans le four, une épaule d’agneau accompagnée d’un gratin de pommes de terre, oignons, tomates et herbes méridionales, prenait des couleurs.

            (…)

            La nuit a passé comme passent beaucoup de nuits. Je l’avais doucement neutralisée avec pas mal de tequila et, pour finir, un cachet de Lexomil. (…) Un réveil modérément laborieux, la routine. Ma main a attrapé la première cigarette d’une série de cinquante. J’ai aspiré, suis resté quelques instants immobile, sans tousser.

            La machine à café m’attendait, je suis allé la rejoindre. A fait presque six ans que je prends mon pur arabica en tête-à-tête avec mon image dans le miroir fixé, provisoirement, sur le mur de la cuisine. »

 Etc…

Donc, clin d’œil à M. chiens écrasés, en souvenir d’une période qu’on peut qualifier de passer. Mais les éléments sont là et ca fait sourire.

 

Cet opus a tous les attributs d’un bon hardboiled

            Un célibataire endurcit et un alcoolo, souvent à la dèche et toujours en magouilles, qui mène une enquête en freelance qui l’amène à se prendre quelques gnions… pour les beaux yeux d’une douce qui s’est sacrifiée au Grand Manitou de la Folie.

Le tout dans un Paris estival.

 

 Il cite et je m'en empare
Louise Erdrich L’amour sorcier

Brautigan Le monstre des Hawkline

Carlos Gardel

Arroyo Perez



En écoute :
l'album cité dans l'extrait plus haut : Ben Webster et Colmann, le morceau Rosita est magnifique en effet
Carlos Gardel "Souvenirs"
En lecture :
Le dernier Pierre Senges... c'est génial c'est sur un auteur autruchien dont j'avais parlé en septembre de l'année dernière parce que j'avais amené le recueil Le couteau sans lame et autres textes satiriques.
Et donc j'ai aussi dans ma besace le Miroir de l'âme recueil d'aphorismes largement cité dans le livre de Pierre Senges

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Mardi 1 juillet 2008

 

         J’ai pris une journée en solo pour découvrir cette ville qu’il est étonnant que je connaisse si peu.         Vendredi matin tôt je débarque du TGV à la Gare de Nantes, avec un programme de journée.

         Dans ma besace des livres ad hoc : un jules Verne (qui est nantais) que je n’avais pas lu et qui inaugurera mon programme « lisons joyeusement les classiques l’été », 1791 de Pierre Bordage premier tome d’une trilogie fantastique sur les années révolutionnaires se situant à Nantes et dans le bocage nantais et le nord vendéen (d’où est originaire Bordage), les années de la chouannerie. Mais, parmi les auteurs nantais, il faut citer Rouaud (qui avait été primé pour champs d’honneur et dont les livres sur Nantes et ses alentours sont emprunts de nostalgie.

 Dans mon Mp3, Nantes de Barbara, quelques Tri yann…

         Je connaissais bien le Musée des Beaux-Arts et le Lu, je n’en ai donc pas fait des priorités.

         Je file droit vers les Machineries de l’île pur en prendre pleins les mirettes avec les automates. Evidemment le plus impressionnant et le plus connu est l’éléphant mais je m’enthousiasme assez facilement pour des tonnes d’autres petites choses. C’est bien, à mon sens, cette création. Tout d’abord parce que c’est orignal, ce n’est pas un énième musée d’art contemporain, que même si ca n’a pas une réalité patrimonial en terme de génie mécanique ou machinerie de spectacle à Nantes c’est tout de même cohérent avec les machines fantastiques de Jules Verne. Etonnamment, dans tous les endroits où j’ai pénétré par la suite dans ma journée nantaise, les photos sont interdites. Pour vous rendre compte de ce dont je parle il va falloir aller faire un tour là.

          J’ai pensé vraiment à l’exposition géniale qui avait été accueillie après rennes et toulouse au Grand Palais de Paris il y a un moment et que j’avais vu avec la  Fée du quartier, sur les machines de spectacle de Royal Delux.

 

         Dans la foulée et pour rester sur le thématique j’avais envisagé de courir voir les véhicules extraordinaires, 20modèles de Jean-Marc Deschamps – matérialisation de machines imaginées par Jules Verne. Le site permet de visualiser des manuscrits qui ont été numérisés.

 

         Puis retour sur les quais de Fosse pour jeter un œil rapide, quoique payant, au petit et sympathiqueMusée de l’Imprimerie.

L’ambiance est boisée, comme souvent dans les musées de l’imprimerie… dans mon souvenir celui de Lyon est aussi sur ce modèle. Improbable lieu, un peu confidentiel, des parquets et des machines en bois….

Le tour est vite fait et c’est vraimetn enthousiasmant quand on aime le livre et l’histoire du livre, il y a ce qu’on sait et confirme et puis il y a les détails d’histoire…

 

         En sortant du Musée de l’Imprimerie, il suffit de prendre les escalators du cetre culturel pour accéder à la Médiathèque. Elle est l’une des nombreuses bibliothèques de ce réseau de lecture publique nantais (bibliobsession vous dira même que c’est pas forcement l’établissement le plus impressionnant du réseau) qu’importe je voulais me donner une idée des orientations de ce réseau. C’est fou, cette bibliothèque où les photos sont interdites…a la configuration,  les matières couleurs d’un énorme atrium sur trois niveaux…

 

         En en sortant, je suis donc Quai de la Fosse. J’avance vers le Square de l’île Feydeau, où je vais brancher mon Mp3 dasn lequel j’ai télécharger, sur le site de l’office du tourisme de Nantes  Gratuitement des visites guidées.

Eh bien en dehors du fait que chaque morceau commence par l’en têtante pub pour Zevisit, c’est tout de même assez bien fait. Je suis donc la visite et découvre que Nantes s’est bâti sur le commerce fluvial et surtout triangulaire…sisisisi le marché des esclaves. L’île Feydeau n’est plus une île puisque certains bras de fleuves seront eu fil du temps comblés. Je jette un œil à la rue Kervegan avec ses maisons qui penchent, ses balcons sur façades amples. La place de la Bourse (la bourse ayant été investie par une chaîne de vente de produits « culturels » initialement pour cadre moyens…) le passage Pommeraye sous verre avec ses escaliers de ferronnerie – sous les esscaliers en se penchant on peut voir des têtes de dragons à la façon gargouille !

 

 

 


            Je stationneindécemment dans un excellent magasin de bande dessinée et découvre qu’un auteur que j’apprécie s’est lancé dans une belle série entre hardboiled, héros masqués et superhéros…

Carlos Nine Fantagas

 Il en est au second tome et j’en parlerai forcement c’est beau, c’est bien c’est malin c’est à lire !!!!


            Je ressors pour rejoindre la Place Royale, spacieuse, claire et propre au centre de laquelle une fontaine allégorique : La loire y personnaifiée avec aux quatre coins les personnifications des affluents Sevres, Erdre, … La statue de marbre qui domine porte normalement un trident qui est régulièrement « chapardé » et notamment par les supporters du club nantais de foot.

 

Je fais un détour par la librairie de l’Atlatante où je tape la tchatche. L’’histoire de cette librairie à succès spécialisé dans le roman policier et la science fiction, puis le cinéma et le succès aidant l’envie de publier, et l’avènement de la maison d’édition…

 

         Je vais jusqu’à Saint Nicolas, une des premières du gothique flamboyant, et franchement je suis pas emballée alors je vais de tout sur la cathédrale et la Spalette par les petites rues pavées et bourrées de crêperies…

 

         Je passe par le Cour des 50 otages – ainsi appelé en mémoire d’un épisodes sanglant de la Seconde Guerre mondiale – sur laquelle on peut encore apercevoir l’enseigne d’une vieille maison de Nantes, un drapier très connu les Raton, et on peut toujours voir l'enseigne.

 

         Je me bois un Perrier face à la cathédrale en feuilletant le dernier Tigre rayé de rose avec son supplément intégré « ecce » les potins people… des grands de ce monde, les vrais…

 

     














   Petite subtilité : certains numéros de portes, dans le vieux nantes, sont suivis d’un P. Il désigne les maisons dont l’arrière cour est muni d’un puits. Pratique en cas d’incendie !





         Petit Tour du château des Ducs de Bretagne mais je l’avais déjà visité alors je préfère

traverser la route et les rails de Tramway – Nantes

est la première des villes à s’être doté d’un tramway – et je file m’encanailler au LU où je vais rester un bon moment !!!!! J’y lis le fameux Major déprime de Moebius, suite mirifique du non moins mirifique Major Fatal qui paraissait en feuilleton.

 

 

 

 


 


 


         Je prends ensuite le BusWay direction Vertou et mon week end de farniente et de fêtes familiales… je découvre que la petite aliénore (en fait elle s’appelle Margot et ses parents sont des amateurs éclairés de vin – les chateaux margaux renvoyant dans l’histoire de France à Aliénore future épouse de henri II…) est bien grande et qu’elle exerce sa dextérité avec bonhommie dans la toute nouvelle maison de ses parents… ces parents, mes cousins adorés, qui vont m'acceuillir comme une reine justement. Et notamment, au détour d'un de ces repas riches en échanges, ils me feront déguster un vin tout à fait étonnant :
Un Tariquet - Permières Grives
Je suis étonnée. Il va aux premières gorgées me rappeler des vins gascons que j'ai goûté. Mais non non, ce vin est singulier.
Un peu intimidée par les connaissances oenoligiques de mes deux hôtes, j'avoue avoir été troublée dans mon appréciation, un peu nerveuse... et j'apprécie pas vraiment. Je garde peu de souvenirs et impressions.
Je décide donc d'en faire l'objet des prochaines propositions de dégustations à Paris.


Mes cousins nantais qui fêtent leur trentaine sont beaux.

 

 

         Je quitte Nantes sous la chaleur dimanche avec les fabuleux voyageurs.

Lectures :

Guides Vert - Nantes

Jules Verne - De la terre à la Lune

Bordage, 1791

mais il faut aussi lire Rouaud et Pierre Michon et ses Vies minuscules


Musiques

Barbara, "Nantes"

TRi Yann


 

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Vendredi 27 juin 2008

         J'avais découvert au détour d’un repas et d’un verre, je m’étais enthousiasmée pour un vin … un blanc sec (ou demi sec) accompagnant avantageusement des noix de Saint-Jacques.

         Je suis partie à sa recherche en voulant en servir au repas blanc en l’honneur de l’anniversaire de MinedeRien (qui est une fan de coquilles saint jacques et donc pour son anniversaire tous les mets étaient blancs (de l’apéro boudins blancs poelés, radis/mozarella, chips de crevettes et cocktails White Russian, jusqu’au dessert soufflé de coco poudré et litchis en passant par le plat noix de Saint Jacques marinées à la noisettes poelées sur fondue d’oignon et fondu de blancs de poireaux et chèvre chaud dans poires blanches pochées). J'ai pourtant recherché ce vin en vain. Le délais étant un peu court. Nous avons, à la place, bu un Chateauneuf-du-Pape blanc 2005 (excellente année pour les Châteauneuf du pape - plusieurs sont classés par Wine Spector) qui est devenu un peu mon immanquable – j’aimerai d'ailleurs passer à autre chose.

         Mais, je ne me démonte pas sur l’idée de reboire de ce breuvage au nom fait pour me plaire ! Et j’appelle directement les producteurs. Producteurs qui sont au nombre de deux Valérye Mordelet & Jean-Daniel Kloecklé qui, très gentiment, m’envoient la liste des cavistes en proposant et des endroits où en boire à Paris. Et justement Le Mat-de-cocagne et moi cherchons un endroit où nous poser pour se retrouver… et j’ai quelques invitations en retard.

         Le mardi, j’appelle les rares caves à vins de la liste pour savoir si ils en ont toujours et peuvent nous en servir. Le SEUL qui répond par la positive est le patron de la Zygothèque, rue de Tolbiac, à Paris, Métro Bibliothèque Francois Mitterand.

         J'y convie les amis susceptibles d'apprécier l'exercice. Nous y allons et serons accueillis comme des rois. L’endroit est pourtant uniquement restaurant mais ils acceptent de nous servir exceptionnellement uniquement pour "boire". L’équipe des serveurs jouent mon jeu de dégustation du premier verre en aveugle, ne montrant pas la bouteille à mes invités. Nous sommes 6 autour de la table. 

         Puis, en plus de nous servir incroyablement bien, on nous change les verres (nous essaierons une bouteille du vin sur lequel j’avais flashé et une bouteille de l’autre cru) et on nous apporte de-ci, de-là gentiment d’excellents, voire succulents antipastis (toasts de fois gras fin, asperges poelées au balsamique, …)

         Un très grand merci au Patron et son équipe pour l’accueil vraiment chaleureux que nous avons eu, pour le temps pris à papotter vin. Car oui le patron de ce restaurant (qui affiche plus de 95 marques différentes de whisky) sait parler de sa carte, de ses choix. Le Mat-de-Cocagne le provoque gentiment sur l'absence totale - sur une carte pourtant originale et diversifiée - de vins alsaciens.

          Ce sont des vins d'un producteur du côté de Montlouis.
          Le premier un sec de 2005 est bien frais. Il pleure bien. Sa couleur est très claire et son nez est extraordinaire. Mat de Cocagne dira qu'il est boisé. Je ne saurais en dire au

          Le second est un demi sec 2005, autre vin du même producteur. Je le trouve plus « calme » (ca ne doit pas se dire ainsi) au nez et beaucoup acide en bouche. Je sais que ça peut être considéré comme une qualité mais après l’autre vraiment je suis moins emballée.

Clairement, parmi les convives un seul dira préférer le second au premier.

       Là-dessus le patron nous propose une des premières cuvées du même producteur, donc plus vieux. Là, nous ne serons ravis de la suggestion et de l’attention du patron mais pas forcément emballés par le vin, trop frais cette fois, et moins… abouti peut-être et puis trop tard aussi sûrement. Aucun de nous n’a encore mangé.

 

Trève de faux suspens :

Ce vin est sec. De la région des Montlouis.

Le domaine est

Domaines des Loges de la Folie

Ma préférence- confirmée – va à la Nef des fous en 2005 demi sec

Mais une mention tout de même à l’autre cru Chemin des Loges


























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Jeudi 26 juin 2008

Rios (julian)

Nouveaux chapeaux pour Alice

Tristram

 

         Un éditeur à remarquer. Avec des couvertures chatoyantes et amusantes.

Je l’avais découvert lors de la réédition du Tristram Shandy justement. Puis, je m’étais régalée avec l’édition en deux volumes des critiques musique du mythique LesterBangs. Puis, dans leur catalogue j’avais mis la main sur des traductions de ce qui est l’un des auteurs allemands les plus inventifs, souvent qualifié de « postmoderne ».

 

         « Postmoderne » est justement l’adjectif dont on pourrait être tenté, un moment oublieux de ne pas jargonner, pour parler de Rios.

         Cet auteur espagnol (également critique, chroniqueur et autres) est de ces auteurs inventifs où le mot comme la forme sont travaillés pensés détournés…

 

         Le chapelier fou de Lewis Carroll (un peu plus lettré et policé me semble-t-il) propose à Alice des dizaines de chapeaux de diverses tailles, origines, époques et la fait ainsi voyager dans l’espace et le temps ; un chapitre par chapeau et par anecdote. On va partout à toutes les époques, on croise même épisodiquement les deux amants intemporels…

         Le discours est à la seconde personne, le chapelier s’adressant à la deuxième personne du singulier à une Alice sans doute universelle, car on peine à y croire, à la cerner en creux des récits…

 

         Le prétexte est amusant, certains courts récits valent le coup…

Mais si je devais vous injoindre de lire Rios, je vous conseillerais Babel ou Larva.

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Jeudi 26 juin 2008

Nina Jaffe et Steve Zeitlin

Debout sur un pied

Ecole des loisirs (Neuf)

  

L’introduction s’adresse au lecteur à la deuxième personne du singulier et te dis « Lis la première partie de chaque  histoire et imagine ce que tu aurais fait dans telle ou telle situation. Puis lis la suite de l’histoire pour savoir comment le héros ou l’héroïne a résolu le problème. Mais rappelle-toi bien que les solutions sont pacifiques, tu ne peux pas te servir de moyens violents pour te tirer d’embarras »

 

Il s’agit de Sagesses – comme celles de Nasredine (dont le troisième volume de la série éditée par Albin Michel avec des illustrations de david B. est publié).

 

Ce livre est aussi un Jeu. Il est amusant de faire l’effort de se poser de trouver sa voix, de ne pas se précipiter sur la seconde partie. Un jeu donc. De mise en situation d’abord, de logique car souvent ce sont des sortes de casses têtes, et enfin d’imagination voire écriture si on veut, parce qu’on peut au-delà de prendre le temps de réfléchir, se fendre de l’écriture de sa solution…

 

            Traverser la vie debout, c’est un sacré défi ! Ce petit livre de sagesses – un parmi tous ceux qui méritent d’être lus – incite à la réflexion, à l’attitude active face à la « sagessse », chercher la question derrière la question.

 

            J’ai, par ailleurs, été entêtée par cette illustration qui pare la couverture et revient en bas de page entre la première partie et la proposition de solution. Une enluminure de Joel Simeon pour le Haggadah ashkénaze, manuscrit du milieu du XVe siècle…

 

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Mardi 24 juin 2008


Chaque chose

Julien Neel

Gallimard

direction de collection de sfar qui est d'ailleurs mis en scène dans l'ouvrage.

 

Format intermédiaire (pas les albums classiques grands, pas le manga sous la format qu’on lui connait le mieux en petit). Des cases régulières sur fond noir, papier noir. Et des dominantes de d’une couleur sur toute une planche, procurant comme des effets de sépia mais de maintes couleurs.

 

Une autofiction ?

En toutes les un présent de narration où l’on suit un auteur de Bd qui va visiter son père hospitalisé, et que cette situation d’urgence  amène à se rappeler cet été visiblement « fondateur » (pour tous les protagonistes) où son père qui a quitté la maison et qu’il voit peu lui promet un été de vacances tout frais payé parce que , prestidigitateur, il a une promesse d’engagement pour l’été. Cet engagement n’est que autre celui de devenir pour une tournée publicitaire des plages le nounours Butagaz !!!

Et se retrouvent en tournée un cascadeur embauché comme chauffeur, la directrice de campagne et un de cadres (le type optimiste) de Butagaz, le narrateur fan des superhéros de comix hésitant entre Batman et Superman et son bedonnant et épicurien papa. D’où la pertinence des effets « sépias »

Cet été de campagne publicitaire est un peu « foireuse » mais va créer quelque chose entre tous ces personnages, toute chose.

 

On croise donc Le directeur de collection Sfar en personnage romanesque et farfelue, dans un décor de bibliothèque comme je les aime donc je vous ai déjà entretenu, emplis de livres avec mezzanine echelle ou escalier en colimacon… le genre de bibliothèque croisé chez les expressionnistes allemands, chez les gothiques, ou les anglais 19e… la bibliothèque de la maison du diable, la bibliothèque de Sherlock Holmes, la bibliothèque de savant, d’humaniste

Y a-t-il vraiment ce type de bureau chez Gallimard ?!

 

Toute chose n’étant pas égale…




Sur Fluctuat, une page consacré au talentueux auteur de BD amériacin Chris Ware, avec sa ligne claire ses petites cases, son faux laconisme et sa vraie analyse de la société.

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Lundi 23 juin 2008
"- C'est absurde ! c'est fou ! Qui pourrait dérober un reflet dans un miroir ?... Qui le pourrait ? Le diable ?"
Hoffmann," les aventures de la Nuit de Saint-Sylvestre" in : Fantaisies  


Je suis tombée en papillonnant, au hasard sur un truc absolument génial qui a réouvert des portes et de délicieuses réminiscences

Chamisso
L'étrange histoire de Peter  Schlemihl

           Un auteur franco allemand (à noter qu'il est né en Champagne et que sa famille devient allemande
 quand il a dix ans, qu'il va naviguer entre les deux pays et les deux langues) Ses dates 1781 - 1838.

          Un conte un récit entrant totalement dans l’inquiétante étrangeté de Freud, fort en réferences à la littérature allemande romantique, aux mythes fondateurs...

         Le narrateur a l’expression droite et digne. De ces narrateurs dont la droiture est toute « 19e » et qui me font souvent me rappeler que la mise en doute de l’intégrité, de la sincérité du narrateur date d’Agatha Christie et son Meurtre de Roger Ackroyd

          Il croise un personnage inquiétant en complet gris qui dans une sorte l’escalade de l’irréel sort des choses improbables de ses poches au gré de ses convives une lunette de dollond, une couverture, un barnum, des chevaux… et qui va vouloir acheter au narrateur, son ombre… En échange, il lui propose des artefacts tirés de tous les mythes et autres contes (les pièces du juif errant, les bottes de sept lieux, la racine de circé, ...).

         Ce pacte - car l’emprunt pour la conversation des deux protagonistes d’une phrase que j’ai reconnue comme l’une de celle du Faust de Goethe (vient-elle plus anciennement d’un conte populaire allemand, d’une tradition orale… ) nous fait clairement passer du vague sentiment d’étrange, à celui d’inquiétant. Et on pense au diable immédiatement.



Je me suis, dans mon mini carnet voyageur, noté des éléments qui me font pétiller les pensées et souvenirs :

          Le gris ("grau") revient souvent dans les contes étranges allemands comme le "grausam" qui vaut dire "maléfique" "cruel" et renvoit du Diable.

           Cette lunette qu'il sort de sa poche, elle me rappelle étrangement les lunettes du grisâtre Cornelius de L'Homme au sable dans les Contes d'Hoffmann (choisit aussi par Offenbach pour ces trois songes de l'Opéra Contes d'Hoffmann).   



         Mais, être déssaisi de son ombre n’est pas sans conséquence. L’ombre m’apparait bien vite, suis-je naïve, comme allégorie (ou métaphore) de l’âme… on pense aussi à l’absence de reflet dans les miroirs qui dénonce les créatures maléfiques que sont les vampires et autres démons nocturnes.

Et que dire d’un être qui en aurait deux ?!


Et, pour le coup, comment ne pas penser d'autres références :

Notamment ce Conte d'Andersen L'Ombre :

  extrait :

Un soir, le savant était assis sur son balcon, et, derrière lui, dans la chambre, brûlait une bougie; il était donc tout naturel que son ombre se dessinât sur le mur du voisin. Elle se montrait entre les fleurs, et répétait tous les mouvements du savant.

« Je crois que mon ombre est la seule chose qui vive là, en face: comme elle est gentiment assise entre les fleurs, près de la porte entrouverte! Elle devrait être assez fine pour entrer, regarder ce qui se passe, et venir me la raconter. Va donc! cria-t-il en plaisantant; montre au moins que tu sers à quelque chose: allons! entre. »

Puis il fit un signe de tête à l'Ombre, et l'Ombre répéta ce signe. « Va! mais ne reste pas trop longtemps. »

A ces mots, le savant se leva et l'Ombre fit comme lui. Il se tourna, et l'Ombre se tourna aussi. Quelqu'un qui eût fait attention aurait pu voir que l'Ombre entrait par la porte entrouverte chez le voisin, au moment où le savant entrait lui-même dans sa chambre en tirant derrière lui le grand rideau.


Et on se rappelle aussi que Peter Pan recout son ombre... Il est vrai que l'ombre est un concept qui renvoie au mythe de la caverne de Platon et que ca mène loin, mais ce qui est sûr c'est que, moi un peu simplement, je mets ça sur le compte d'une entéléchie.

On pense aussi au Port

Le visage, le regard, le reflet, l'ombre ... qui disparaissent, qui sont des monnaies d'échange avec le Diable...

On pense aussi au portrait de Dorian Gray de Oscar Wilde, où l'image de l'ui vieillit quand lui ne vieillit, et qui vieillit au rythme où il pervertit son âme.

On pense plus populo à cette réplique dans le film "Gapser'... où le fantôme Gasper explique à l'ado en plein mal de vivre qui vient d'emmenager dans la maison qu'il hante qu'il ne peut l'accompagner au bal d'Halloween, d'ailleurs pour commencer... tiens il n'a pas de reflet dans le miroir. Le reflet est-il manifestation d'une âme ?


             Etonnant ce récit extraodinaire, bourré de symbolisme, s’appuyant sur les mythes fondateurs est, je pense, méconnu si ce n’est inconnu ! Et pourtant, récit court, passionnant, vocabulaire un peu suranné mais fleuri et varié, une foisonnance imaginaire et une ambiance de conte.

 

Bibliographie :

Chamisso, L'étrange histoire de Peter  Schlemihl (la traduction du titre pourrait tout aussi bien être "édifiante", "fantastique", "étonnante".. le terme originel de "wonder" recouvre potentiellemnt ces notions-là)

Hoffmann, Les Contes ( et notamment "L'homme au sable", "Les aventures de la nuit de Saint Sylvestre", et peut-être mais c'est plutôt dans la veine des romans à enigmes "Madame de Scudéry")

Goethe, Faust

 

Andersen, Ombre

 

Offenbach Les Contes d'Hoffmann

                      Il y a un livret assez bon dans la collection de L'avant-scene Opera.

Mais aussi

Barrie, Peter Pan (j'ai lu le livre, j'ai la version filmée intitulée "Hook" et le film de Marc Forster  sur Barrie "Finding Neverland" et je vais chercher à voir le dessin animé et la version filmée de 1953 - les deux de Walt Disney, faut se déplacer pour comprendre ! - et je vous redis)...

"Gasper" un film très grand public

 

Et sinon un essai que j'ai lu il y a quelques années, avant d'en rencontrer l'auteur au Mans en conférence :

Tzvetan Todorov, Introduction à la littérature fantastique

 

Je me programme :

Trouver une représentation de l'Opéra de Offencbach un jour

Trouver un livret fiable de l'Opéra de Mozart "Le Revizor" pour voir comment il décrit le personnage de réincarnation de son père si étrangement inquiétant...

Voir une adaptation dessin animé des contes d'andersen et notamment de L'Ombre... sisi il paraît que ca existe !

 

 


 

      

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Jeudi 19 juin 2008

Bézian (Frédéric)

Les Garde-fous

Delcourt

 

            Huit clos chez un éditeur « à succès » et sa compagne (et co éditrice) dans leur villa ultra moderne sur un lac.

 

L’album s’ouvre sur la fête « privée » chez eux de lancement d’un livre dont l’auteur (  e  ) dit clairement que pour elle la meilleure fiction c’est la réalité (citant en exemple un meurtre qui est un élément de l’intrigue qui s’ouvre évidemment). Tout va se jouer dans cette villa qu’on ne peut atteindre ou quitter que par un tunnel sous terrain privatif souvent fermé ou par bateau.

Donc, il s’agit d’un serial killer dont le limier en charge de l’affaire pense que sa master piece devrait se jouer là, dans la villa.

  

            Je trouve un hiatus, non rhédibitoire ou gênant entre les décors et les personnages. Les personnages sont comme grifonnés nerveusement. Un style très particulier que l’on retrouve un peu chez David B. je pense. Des pages ou morceaux en bichromie presque, en nuance d’un couleur. Mais une chose remarquable dans cet album c’est la mise en espace… avec les pleins et les vides c’est architectural

 

            Et justement l’élément prépondérant (et c’est pertinent) de ce huit clos c’est le décor, plus exactement cette maison. Très pensée, architecturalement belle intelligente. On sent une réelle maîtrise architecturale et de réelles propositions d’agencement, de design intérieur. En finissant ce polar intéressant je me disais qu’il y avait dans cette villa qui est un personnage à part entière du génial, réutilisable.

Des beaux volumes, des baies qui béent sur l’eau et la nature environnantes, des escaliers qui n’encombrent pas, des terrasses hautes. Notable la pièce du père « critique de musique à la retraite » qu’on sent prévue pour la relaxation, le délassement et la concentration sur la musique.


           Je tenais aussi à mentionner qu'on voit des images de Othello de Orson welles et que j'ai l'intention de voir, et peut-être y reviendrai-je.
          Bref, un peu rebuttée par le dessin des personnages, j'ai pourtant laissé cet opus m'étonner.


J'en profite d'être sur la Bande dessinée, pour vous signaler deux petites choses sympathiques :

- Bookhunter dont je vous avais entretenu, est nominé pour les Eisner Awards (en gros les oscars de la Bande dessinée - ainsi nommé en référence au grand "théoricien" de cet art et auteur lui même (notamment du Spirit) Eisner

- Je vous entretenais aussi du Major fatal de Moebius, qui était à l'origine un feuilleton. Eh bien, La suite sort Le major déprime. Dans une interview pour le Magazine DBD, Moebius signale qu'il avait eu l'intention d'une suite il y a quelques années qui devait faire 100 pages et fut publiée en 50, qui devait être noir et blanc et fut imprimée en couleur, et qui devait sortir à 5 000 exemplaires et le fut à 30 000...
Il commente en disant que la dépression est le signe que des choses sont en travail. Un verre à moitié plein, somme toute. La critique de l'album assortie à cet entretien mentionne que le tout est plus homogène mais toujours foisonnant. Je vous en dis plus dès que je l'ai eu entre les mains... 

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Mercredi 18 juin 2008
François Jonquet
Daniel
Sabine  Wespieser

Un éditeur à qui je fais confiance.
Là je suis déçue.
François Jonquet a déjà signé deux portraits et on nous vend ce texte comme récit ou roman ..; et franchement c'est un portrait mondain d'un acteur... certes interessant, attachant, ayant réalisé des oeuvres passionnantes aux côtés de stars... bon oui... ca racolle pour moi.



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Mercredi 18 juin 2008

A paraître à la fin de l'été... pour la rentrée littéraire deux livres remarquables chez Panama... Sur le strois qui paraîtront, un est exceptionnel, je vous en ai parlé Jardin de papier  de Thomas Walther et un intéressant et sensible
La maison des temps rompus
de Quiviger
Un récit un peu étrange très... sensible, à fleur de peau et de nerfs... des génératiosn des destins, aux liens flous voire inexistants, le tout autour d'une maison, celle de s temsp rompus. Mais existe-t-elle seulement... ?
des chapitres renvoyant aux ages de la vie... des intermèdes sur l'espacement du temps ...


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Mardi 17 juin 2008
Schiller
Le visionnaire
José Corti,
Encore un éditeur que j'apprécie pour le travail exceptionnel qu'il fait en terme de littérature étrangère et aussi en ré édition de textges oubliés, méconnus...

J'avais vers 1997 fait une croisière sur le Rhin... J'avais admiré des paysages fascinants, vus dans un volume de "Yoko Uno" (la série Bd dont l'héroïne asiatique passe des bords du Rhin aux mondes extraterrestres avec impavidité et dextérité). Lors de cette croisière j'avais lu quelques textes germnaiques, dont une fiction "visionnaire" dont je ne savais plus de qui elle était... je pensais que c'était plus récent. Un roman "fascinant"...

Je décide, devant mon incapacité à rappeler mes souvenirs, de relire cet ouvrage pendant mon préiple au pays du chaperon rouge.

En fait, cet essai inachevé de Schiller et dont les thématiques renvoient clairement au reste de son oeuvre, est dans mon système à moi clairement un roman gothique. Des nobles et aristocrates endettés dans des palaces venitiens qui courent les bas fonds et les messes occultes. Un mage roumain. Des fantômes. Des messes noires avec crâne, encens, cruficix, tenture rouges...

 L'oeuvre est restée inachevée. Elle se termine dans cette édition par une série epistolaire induisant les suites de l'intrigue, en creux...





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Mardi 17 juin 2008
    Un auteur allemand hors du commun. Ses dates sont 1914-1979. Et déjà on sent bien ce que ce fait induit "d'influences"... naissance pendant la première Guerre mondiale, régime nazie et Seconde guerre mondiale, partition de l'Allemagne et guerre froide...
Quant à son attitude sous le régime nazie et pendant la guerre... il fut intégré à l'artillerie légère d'Alsace puis commis aux écritures en Norvège, il va aider sa femme Alice à échapper aux nazis, va se constituer prisonnier auprès des anglais... bref, un vrai embrouillamini...

    Son oeuvre est foisonnante et surtout... souvnet qualifiée d'impétueuse et exigeante. Et pour le moins je dois cire que j'adhère... Je me demande si cet auteur, influencé à mon sens nettement par les surréaliste, pourrait selon moi qualifié de "post moderne"

    Il s'agit là d'une oeuvre intéressante. Chaque paragraphe (ils sont en nombre et petits) est en retrait net de la marge avec juste les premiers mots ou la première phrase sont en italique.
Un monde post-apocalyptique (il écrit en 1951 et l'intrigue est datée dans les années 60) détruti devasté par un conflit nucléaire. Le narrateur, qui dit "je"  indirectement (comme un journal en creux), est un survivant solitaire qui parcourt ce monde déserté et devasté à vélo. il finit par se fixer au milieu d'un monde germanophone... et... si vous avez lu ce que j'ai écrit sur les xontre utopies vous savez d'avance que ce héros masculin ne peut que rencontrer une héroïne, Nommée lisa, qu'il qualifie de nouvelle Hélène.