Bézian (Frédéric)
Les Garde-fous
Delcourt
Huit clos chez un éditeur « à succès » et sa compagne (et co éditrice) dans leur villa ultra moderne sur un lac.
L’album s’ouvre sur la fête « privée » chez eux de lancement d’un livre dont l’auteur ( e ) dit clairement que pour elle la meilleure fiction c’est la réalité (citant en exemple un meurtre qui est un élément de l’intrigue qui s’ouvre évidemment). Tout va se jouer dans cette villa qu’on ne peut atteindre ou quitter que par un tunnel sous terrain privatif souvent fermé ou par bateau.
Donc, il s’agit d’un serial killer dont le limier en charge de l’affaire pense que sa master piece devrait se jouer là, dans la villa.
Je trouve un hiatus, non rhédibitoire ou gênant entre les décors et les personnages. Les personnages sont comme grifonnés nerveusement. Un style très particulier que l’on retrouve un peu chez David B. je pense. Des pages ou morceaux en bichromie presque, en nuance d’un couleur. Mais une chose remarquable dans cet album c’est la mise en espace… avec les pleins et les vides c’est architectural
Et justement l’élément prépondérant (et c’est pertinent) de ce huit clos c’est le décor, plus
exactement cette maison. Très pensée, architecturalement belle intelligente. On sent une réelle maîtrise architecturale et de réelles propositions d’agencement, de design intérieur. En finissant
ce polar intéressant je me disais qu’il y avait dans cette villa qui est un personnage à part entière du génial, réutilisable.
Des beaux volumes, des baies qui béent sur l’eau et la nature environnantes, des escaliers qui n’encombrent pas, des
terrasses hautes. Notable la pièce du père « critique de musique à la retraite » qu’on sent prévue pour la relaxation, le délassement et la concentration sur la musique.
Je tenais aussi à mentionner qu'on voit des images de Othello
de Orson welles et que j'ai l'intention de voir, et peut-être y reviendrai-je.
Bref, un peu rebuttée par le dessin des personnages, j'ai pourtant laissé cet opus m'étonner.
J'en profite d'être sur la Bande dessinée, pour vous signaler deux petites choses sympathiques :
- Bookhunter dont je vous avais entretenu, est nominé pour les Eisner Awards (en gros les oscars de la Bande dessinée - ainsi nommé en référence au grand "théoricien" de cet art et
auteur lui même (notamment du Spirit) Eisner
- Je vous entretenais aussi du Major fatal de Moebius, qui était à l'origine un feuilleton. Eh bien, La suite sort Le major déprime. Dans une interview pour le Magazine DBD,
Moebius signale qu'il avait eu l'intention d'une suite il y a quelques années qui devait faire 100 pages et fut publiée en 50, qui devait être noir et blanc et fut imprimée en couleur, et qui
devait sortir à 5 000 exemplaires et le fut à 30 000...
Il commente en disant que la dépression est le signe que des choses sont en travail. Un verre à moitié plein, somme toute. La critique de l'album assortie à cet entretien mentionne que le
tout est plus homogène mais toujours foisonnant. Je vous en dis plus dès que je l'ai eu entre les mains...



ENARD


De cet espace d'entrée et actualité, des escaliers partent vers la haut et la section jeunesse, puis vers le bas et des sections multimédias et adultes.
Dans le coin à gauche en entrant est "archéologique", il s'agit de vestige du vieux Lisieux. On sait que Lisieux, comme beaucoup des villes de Normandie, ont souffert des
combats et ont souvent été dévastées ruinées anéanties. Si bien que Lisieux ne garde que peu de choses antérieures à ce conflit mondial, et affiche une architecture globalement années 50. (J'en
profite pour faire une parenthèse sur le fait que l'arrière pays dans le coin en revanche regorge de maison magnifiques à colombages et briques - comme je n'en avais vu qu'en alsace).


Eric Laurrent



[V]ous avez dit...