ENARDLa Reine du technicolor
Finitude
Un polar aux ressorts classiques, signé par un français, réédité par un bon éditeur.
J'y est vu une caricature géniale de roman américain de hard boiled version française ou hommage au cinémascope des années 50. Moi j'y lis des poncifs surannés mais délicieux du Faucon Maltais et compagnie, d'autres y voient les films de cette veine. Et c'est vrai qu'on touche au monde du cinéma.
"Paris 1951. L’actrice Lola Cortez, la reine du Technicolor, est retrouvée morte dans sa baignoire. Accident, meurtre, suicide ? Pierre Vernet, détective privé, mène l’enquête."
Paris, la nostalgie des dimanche pluvieux, des années 50. Le narrateur est le fils du privé qui mène l'enquête. Et le récit de cette histoire est prétexte à nous balader dans une nostalgie de l'enfance. On croise, entre les Champs Elysées Reverty et la Contrescarpe, d'encore rares Coca, des Dubo-Dubon-Dubonnet, des feuilletons dans Tintin découpés, une 203, des feuilletons qu'on écoute sur Paris-Inter...
Le privé dans son officine avec ses fringues miteuses mais sa réputation de charmeur, la jeune femme belle, fatale inaccessible qui entre comme une apparition pour pleurer dans son bureau et le charge d'une affaire. Des Gangsters en filature, des intimes louches, des affaires de sous, des serveurs bavards, des Dom Perignon 21... Tout y est. Même la scène où notre hard boiled entre dans son bureau et se fait assomer par derrière...
J'ai vérifié Lola Cortez n'existe pas... je n'ai pas trouvé de traces des films Pirates des Caraïbes ou des autres cités dans le livre... Dommage, presque dommage. Enfin, le narrateur découp tout de même une image de Eve le film de Mankiewicz et là pas de doute c'est de la référence !
Jean-Pierre Enard est un auteur français... mort. Ceci est une réédition d'un texte paru intitialement aux Presses de la Renaissance. La courte biographie au dos du livre le décrit comme un touche à tout, un ecclectique, auteur, collaborateur de revue, journaliste... Ce qui est sûr c'est que parcourir la liste de ses autres livres (ils sont au nombre de 7) fait sourire, à commencer par Un bon écrivain est un écrivain mort, ou Contes à faire rougir les petits chaperons. Il semblerait que cet homme est voulu paraître éffronté. Un effronté bon ton ?
Je vous le dirai quand j'aurais lu les deux sus cités et Le dernier dimanche de Sartre.
Et puis il y l'objet.
Finitude est un éditeur que j'aime. Un site dsur l'édition française mentionne que cet éditeur n'a pas d'acte de naissance officiel. Peut-être. Ce qui est sûr c'est que j'ai découvert cette maison d'édition parce que j'aime les éditeurs qui cherchent à faire un objet travaillé de chaque publication, un poil avant qu'elle ne publie un de ces ouvrages, un de ces outsiders des sorties éditoriales, ce livre qui les a rendu "célèbres" ou pour le moins les a hissé au rang des éditeurs à citer... Le radeau. ce petit roman où l'on se balade sur les routes, pendant la guerre. Un homme et une autostoppeuse vers une propriété en province... - SPOIL/ début - le chargement artistique pour sauver des chefs 'oeuvre des confiscations veinales comme des pillages idéologiques des occupants parmi lesquels Le Radeau, un de mes tableaux préférs que je ne manque jamais d'aller visiter lors de mes passages au Louvre SPOIL / fin - et une écriture simple et efficace.

Cet éditeur - prime à la fidélité - trouve bien souvent une subtilité d'impression, d'édition, de mise en page... Pas des révolutions mais de sympathiques clins d'oeil.
En couverture la photo classique de vedette de cinéma noir et blanc, et la police du titre.
A chaque première page de chapitre, le titre et le texte sont inséré dans un dessin de pellicule.
Le livre se ferme sur un excipit en cul de lampe au texte amusant.



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Dans le coin à gauche en entrant est "archéologique", il s'agit de vestige du vieux Lisieux. On sait que Lisieux, comme beaucoup des villes de Normandie, ont souffert des
combats et ont souvent été dévastées ruinées anéanties. Si bien que Lisieux ne garde que peu de choses antérieures à ce conflit mondial, et affiche une architecture globalement années 50. (J'en
profite pour faire une parenthèse sur le fait que l'arrière pays dans le coin en revanche regorge de maison magnifiques à colombages et briques - comme je n'en avais vu qu'en alsace).


Eric Laurrent



[V]ous avez dit...