Mardi 22 juillet 2008

J'ai donc, un peu désoeuvrée, décidée de lire tout de même la suite de Monster. Je m'étais dit que c'était bien mais pas au point de me lire toute la série qui fait tout de même 14 épisodes.

Il s'agit donc des déboires d'un jeune médecin ultracompétent et plein d'avenir qui par conscience professionnelle Docteur Tenma refuse de donner la priorité à un cas pourtant recommandé prioritaire par le directeur de l'hôpital (le père de sa fiancée) au profit d'un jeune garçon blessé pendant le meurtre de ses parents adoptifs (sa soeur jumelle est restée traumatisée). Des années plus tard ce jeune qu'il a sauvé ATTENTION JE VAIS SPOILER DES ELEMENTS D INTRIGUE est devenu un monstre semant la terreur, un être à l'aura maléfique et les périples de Tenma (qui se sent un peu coupable d'avoir sauvé un monstre) pour le retrouver vont le faire cotoyé un certain nombre de faits sordides de l'Allemagne de l'après guerre... et notamment des pratiques eugénistes.

Monster : tome 4
Naoki Urasawa


Il semblerait, renseignement pris, que les bandes dessinées aient fait l'objet d'une adaptation en anime - je me propose de m'en enquérir et de vous tenir au courant - et d'un projet d'adaptation cinématagraphique.

La Bd au ciné, vieille histoire.

      Ce qui me fait penser que dans la masse des sujets que nous avons abordés avec gaieté et chaleur dimanche soir, M. Chiens écrasés (qui m'a fait l'honneur de cuisiner et même de m'apprendre des trucs) et moi avons parlé de l'
adaptation au cinéma de Watchmen.


       Watchmen, une série audacieuse de comix de Frank Miller. Ce dernier, grand monsieur du comix américain, s'est fait une spécialité des superhéros et notamment des séries où l'on découvre des super héros masqués de l'âge d'or, sur le retour vieillissant. Dark Knight par exemple mettait en scène un Batman 20 ans après, ayant donc raccorché le déguisement, croupissant dans un club de milliardaire à boire des alcools de bourgeois et regrettant l'adrénaline de l'action et qui se décide à reprendre du service avide de violence. 
 



      je conseille fortement à mes lecteurs de voir l'adaptation de Sin City, autre oeuvre du prolixe Frank Miller. En noir et blanc avec juste quelques subtiles taches de couleurs très symboliques. Le film d'un certain Robert Rodriguez était sorti en 2005. J'étais allée le voir avec Chat fou et je m'étais vraiment régalée, avec un respect de l'oeuvre d'origine, comme je ne pensais absolument qu'il était possible. Je repense souvent à quelques plans très ingénieux qui renvoyaient tellement directement à la bande dessinée que ce n'était merveilleux. Notamment une contre plongée de Willis avec son long manteau et son flingue...




       L'adaptation de 300 m'a nettement moins convaincue, mais si elle reste plus fidèle à l'oeuvre que, et nous l'avons évoqué avec Chiens écrasés, V pour Vendetta (aussi une oeuvre de Frank Miller, adapté au cinéma). En fait, j'ai trouvé ce film sorti en 2006 divertissant, mais en effet c'est un paradoxal de dire que cette oeuvre originellement "anarchique", et non "pop"...

 


 


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Dimanche 20 juillet 2008
Avant de partir, un allemand amateur et attentionné ouvrira une bouteille en matière d'hommage.
Il pleurt incroyablement sur le verre, c'est beau, ca donne envie quand on penche pour constater le vermillon. Il est puissant ça se voit, les Syrah et les Grenache, y a pas c'est puissant, même si je suis  pas toujours très très fan... enfin tout de même en matière de rosé je ne bois goulument que le Tavel, donc je dois bien y avoir du goût tout de même.
Il sent bon, trop... j'ai toujours un peu peur des amplitudes au nez, j'ai toujours peur que ce soit de l'esbruffe, mais j'y connais rien... J'hésite entre cerise et figue... au goût je dirais figue mais j'ai bien peur d'avoir été sous l'influence des morceaux de figue de la
gigantesque glace de l'après midi...


Dans les trains qui me ramènent, c'est un poil le blues. Trop court. Quel délice de retrouver l'allemand, de converser à bâtons rompus sans se sentir jugée, d'apprendre encore et toujours.

       Je lis Madame de Scudéry de Hoffmann. C'est bien puisque Tallis que j'ai lu dans le premier des trains de l'aller mentionnait Hoffmann. Ce récit est simplement passionnant ! Comment ai-je pu passer, ayant pourtant étudié les Contes d'Hoffmann, à côté de ce récit sur les affaires des empoisonneuses, le post "Chambre ardente" le tribunal exceptionnel de 1679 censé jugé ces affaires, présidé par La Reynie qui est un personnage de ce récit... Les empoisonneuses, une page d'histoire d'un intérêt toujours renouvelé pour moi. L'édition que je tiens entre les mains ("Les classiques d'auourd'hui" chez livre de poche librairie générale) est parfaite avec des reproductions de gravures, des notes fournies et savantes... apparemment Hoffmann est très inspiré de Voltaire, et j'apprends qu'il me faudra lire Causes célèbres et intéressantes de Pitaval.


        Je lis Die Vermessung der Welt de Kehlman. C'est le best seller allemand, au sommet des ventes depuis des semaines,v  oire des mois. Je me passionne pour ce début d'histoire de von Humbolt, mathématicien en route pour son Congrès de mathématique... La lecture est en cours.
Et juste après avoir posé mon sac à dos et allumer l'ordinateur, je constate que je suis en retard... Ce roman a été traduit Les arpenteurs de monde publié chez Actes Sud... et je sais au titre qu'il est dans la bibliothèque de ravitaillement. Je le sais parce que le titre m'avait donné envie de le lire à un moment où je lisais autre chose.

       Vu avant de partir Damages, série épatante avec un sacré bon casting touchant au milieu des avocats d'affaires, où l'enchaïnement des événements est en quelque sorte inversé. On connaît les dénouements partiels mais on remonte le fil de l'histoire en inverse au fil des épisodes, en prenant des points de vue différents. Bel exercice !
         En train de voir Day Break le début de la saison - un flic noir qui revit toujours la même journée pendant laquelle il essaie de s'innnocenter d'un crime dont on l'accuse à tord, résoudre l'énigme et sauver ceux qui l'entourent. Sur le thème de la boucle temporelle qui se répète - comme dans le film Un jour sans fin - mais avec l'idée que les interactions changent l'histoire ou le déroulement - contrairement au film sus cité- ce qui fait évoluer l'histoire et qui est du point de vue de la psychologie des personnages très intéressant.
        Vu Phase IV film de science fiction auquel je n'ai absolument rien compris et que je n'ai pas aimé toutes ces fourmis aux couleurs passées des années 80 m'ont fait suer.

         En préparation La Décade prodigieuse de Claude Chabrol, La Poursuite du Diamant vert, la lecture de romans roumains, et de quelques grands classiques de tous les pays que je traverserai lors de mon épopée de septembre.
 


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Samedi 19 juillet 2008

Comme déjà raconté, j'ai lu le polar du moment à Hanovre Der Tote am Maschsee. Mais je cherchais aussi des titres des livres du moment en allemagne.

Un livre qui fait parler de lui, qui surtout fait polémique
Mathias POLITYCKI In 180 Tagen um die Welt, un récit de voyage autour du monde sur un bateau de croisière. Et on sait que les trains ou bateaux de croisière sont des décors idéaux pour les histoires criminelles parce qu'il s'agit de sorte de "chambres closes" mais mobiles, où des gens qui ne se connaissent a priori pas se retrouvent enfermés ensemble pour un temps plus ou moins long dans des conditions particulières. Les rapports aux autres sont donc exacerbés et ce qui ressort ne semble pas toujours très heureux. Il semblerait que cette relation du voyage comporte aux passages sans concession qui ne sont pas de tous les goûts. Je trouve le prétexte (qui par ailleurs n'en est pas un) intéressant, et l'expérience était à faire. Moi je pense derechef à mes voyages expérimentaux, à ce livre de récit de voyage à travers l'Irlande avec un frigo.



Gablé - un nom qui sonne français parce qu'elle utilise celui de sa grand mère qui était mariée à un français - a du succès avec une série de romans historiques sur les grandes Dynasties mondiales.

Je croise la route d'un classique "fantastique" de la littérature.

Et ma route croise également la route de'un l ivre magnifique. En consultant le site de l'éditeur, je m'aperçois qu'ils publient toute une série de la sorte et notamment Frauen, die schreiben, sind gefährlich. Mais celui que j'ai eu entre les mains est :


Frauen, die lesen, sond gefährlich (à traduire par "les femmes qui lisent sont dangeureuses") qui dans une très fastueuse mise en page nous donne à voir et lire des femmes en lecture dans l'art...






Et en parlant de femmes qui lisent, j'apprends qu'il est une femme, critique littéraire semble-t-il dont l'avis compte en Allemagne, elle se nomme Elke Heidenreich. Elle
a son émission sur ZDF intitulée "Lesen!"










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Vendredi 18 juillet 2008
       A Cologne, derrière la Gare, sur les rayons d'une libraire : Valérie Mréjen, improbable ! Cette artiste et auteur française est connue en France, mais encore trop peu. C'est avant tout une vidéaste, elle a écrit L'agrume, mais aussi Mon grand père et Eau sauvage (recueil systématique de paroles de son père, en creux desquelles on lit leurs relations.


A Hanovre, librairies de l'avenue centrale la GeorgstraBe - U-Bahn station Kröpke

A l'entrée, des bonnes piles de Gavalda. Beaucoup des allemands qui voudront parler livre, me parleront de Galvada.   Houellebecq, à fond.


















          Je trouve aussi des rayons entiers de simenon et des tonnes  de livres d'un certain Lelord que je ne connais pas mais qui semble se vendre un maximum ici.



















Un peu plus en retrait de l'artère centrale,une nouvelle grosse librairie Bücher Decius.
  A l'entrée, de nouveau des piles de Gavalda, de Lelord...

 A l'étage de cette spacieuse et agréable librairie des livres en langues originales, ou annoncés comme tel. Alors je vais au rayon des français... d'abord il y en a vraiment moins que d'anglais et espagnol (les professeurs allemands que j'ai rencontrés constatent la désaffection des jeunes allemands pour le français, comme les jeunes français n'apprennent plus l'allemand - par ailleurs j'aurais de longues discussions sur la politique européenne avec les fermiers bio de la coopérative de Garbsen dont certains me diront combien ils trouvent les français fort peu accueillants)















       Au rayon des livres de voyage, c'est le sud qui gagne ! A noter qu'en Allemagne, on vend un magazine sur le Tour de france, avec un dossier de plusieurs pages sur chaque étape. Des cartes, des explications sur la géographie et les enjeux de chaque étape... Rien sur ce qu'il faut pour les réussir.














       En Allemagne, vu la découpe géographique,politique et administrative en Länder, en matière de bibliohtèque il y a les Staatsbibliotheken (nationales), les Stadtbibliothek (municipales) - je les mets côte à côte pour vous faire noter Staat et Stadt mais entre les deux il y a les Landesbibliothek au niveau des Länder. Les municipales sont payantes, et une ancienne employée de bibliothèque à qui j'ai eu affaire me signale que de son poitn de vue c'est bien de valoriser, de donner de la valeur. Lors d'une longue discussion avec mes hôtes sur le service que représente les bibliothèques  j'apprends qu'il y a aussi des gens qui estiment que si eux savent ce qu'il y a en bibliothèque et ne se sentent pas concernés parce qu'ils n'ont pas envie de lire Sartre, ils pensent aussi qu'il ya des gens qui ne savent pas ce qu'il y a en bibliothèque et ne veulent pas le savoir et que mon discuours sur liberté et citoyenneté naissants de la connaissance n'est pas valide, que la liberté c'est de choisir de ne pas lire. Comment faire comprendre que même la conception d'une bibliothèque comme temple de la culture au sens noble et figé du terme est fallacieuse. Alors je tente "formation" "information" et on me rétorque, en allemagne c'est l'école qui a ce rôle et pour les adultes en recherche d'emploi ou de reconversion y a des organismes spécialisés. Et la notion de partenariats sur des enjeux de société ne marche pas non plus.


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Mercredi 9 juillet 2008

J'entraîne mon fou pour quelques jours "paysans" du côté de Hanovre...
Du côté de la la vallée de la Wersen. Breme, Lübeck...

Pour partir, j'ai dans mes bagages

 

Thomas Mann (né à Lübeck -justement - en 1875 et mort en 1955).
      Prix Nobel de littérature. C'était un de ces auteurs aux rites de création kantiens. Les mêmes gestes aux mêmes heures. Les habitudes, les plus ascétiques qui soient.
Sa fille a écrit un ouvrage où elle raconte tout ça. Un opus qui relate par ailleurs la manie qu'avait Thomas Mann de crier à travers la maison pour rameuter ses enfants dans son bureau (autrement interdit à leurs pas) devant des rayonnages de livres pour leur lire des contes. Essentiellement Grimm (les Grimm sont originaires de la Hesse plutôt - mon fou et moi étions en juin à Homberg, le village du chaperon rouge) mais parfois aussi un volume de contes du coin de l'âtre (contes français).

      J'ai lu La montagne magique, la semaine qui avaitsuivi ma recontre avec la Suisse il y a deux ans. Les Boodenrook m'avait laissé un mauvais souvenir de livres qui m'avait définitivement résisté. Je décide avec un coup de pouce du sort et de Carpe Noctura
Le docteur Faustus.

Schiller


Hoffmann
Madame de Scudéry
     La suite de mon exploration.

Comme livre de grignotage
Leibniz

  et

Schopenhauer

L'art d'être heureux

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Mardi 8 juillet 2008

           Comme je suis en train de préparer mon court périple (quelques jours) en germanie, je me suis composé une pile de livres, petite parce que je compte bien trouver sur place des trucs modernes et nouveaux et en langue originale.

 

           En attendant, je me suis attelée à la lecture d’un auteur de naissance normande et d’adoption allemand, donc pile ce qu’il me faut pour passer de la France à l’Allemagne.

 

La Mettrie

Julien Offray de La Mettrie né en 1709 et mort à Postdam en 1751, médecin et habituellement présenté comme matérialiste. Certains biographes, à ce que j’ai pu comprendre en feuilletant des livres sur lui et des préfaces, postfaces, introduction et autres, ne trouvent pas ça exactement jusitifé. Libertain est quoiqu’il en soit colle bien.

        Je parcours actuellement une vieille édition de Desjonquères, qui sent étrangement … une odeur de papier très singulière avec un arrière odorat d’humidité… mais très très différent de celui dont on a l’habitude sur les poches des années 50…. Bref, l’ouvrage comprend trois textes : « De la volupté » (très moralisateur, évoquant l’amour libre mais avec un ton très peu sensuel tellement didacique qu’il en est dogmatique – vive les –ique -) « Le système épicure » « l’anti sénèque ».

       Il a signé également un « Art de jouir », disponible en texte intégral sur le Net, sur le site des éditions Le Boucher (ah ben ça promet !)  

Je l’ai téléchargé, je l’ai sur moi, je le lis…

Sans compter, mais ca je ne le trouve pas, Le Petit Homme à longue queue.

       Et il n’est pas trahir que d’affirmer qu’il a défendu le mécanisme. Son ouvrage le plus connu étant L’homme-machine. Mais justement celui qui signe l’introduction de l’édition que j’ai entre les mains : « Bibliothèques médiations », collection de poche de Denoël / Gonthier, préface Paul-Laurent Assoun (un tour rapide sur le web sans recoupements me dit qu’il est psy, chercheur auteur de livres sur les philosophies d’aujourd’hui)… donc il nous dit qu’il faut se méfier de ce titre qui semble un pitch tellement parfait qu’on aurait presque envie de se dispenser de lire le texte. Le sous titre est tout de même L’anti robot.

       Il est marrant, ou pas, de noter qu’il est mort de ces excès et que ca servît fort bien ses déctracteurs. L’oraison de Frédéric II metionne flatteusement que la mort s’est d’abord attaqué au cerveau sachant à qui elle avait affaire – par une fièvre – pour l’achever totalement. Frédéric II, le même, dans ces correspondances le taxe d’être un piètre écrivain et fini l’attaque en mentionnant qu’il est mort d’une indigestion de pâté de faisan…

Il essayai de prouver aux allemands retissants les bienfaits des saignées, en se prescrivant celle qui l’emportera. Tous s’accordent à dire qu’il ne s’était pas refuser grand-chose. C’est en quelque sorte une prouesse au milieu des jugements pesants et socialement entravants.

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Lundi 7 juillet 2008

Albert Cossery

      Un lecteur régulier de ces pages s’étonnait que je n’ai rien dit de la disparition de cet auteur – effectivement c’est un auteur que je trouve digne de mention et si je ne l’ai pas fait c’est que l’information m’avait totalement échappée occupée que j’étais à travailler jusqu’à 21h le samedi et tout le dimanche en extérieur.

 

Donc, le 22 juin dernier, Albert Cossery a quitté ce monde.

Il vivait à Paris. Il était d’origine égyptienne, né en 1913. Il est donc mort à 94 ans dans la chambre d'hôtel qu'il occupait depuis plus de 60 ans au La Louisiane et la rumeur dit qu'il a fait jusq'au dernier jour sont tour quotidien au Flore (lieu mythique s'il en est de la littérature à Paris, ou des people de la littérature à Paris au choix selon votre degré d'ironie) C’est Miller, rencontré lors d’un séjour états-unien qui lui aurait donné envie d’écrire. Il n’a pas été excessivement prolixe.

Moi, je vous recommande les deux que j’ai lu :

Les féniants de la vallée fertiles (édité chez Losfeld) et Mendiants et orgueils.

 

Je ne sais pas faire d’éloge funèbre (j’ai lu récemment celle rédigée par Frédéric II de Prusse sur La Mettrie – dont je vous reparlerai puisque je le lis- et ce me semble tout un art diplomatique), mais je salue juste.

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Samedi 5 juillet 2008

Marcus Malte
Garden of love, Zulma
Scarrels, Syros


      Le nom de l'auteur m'est connu parce qu'il a signé un Poulpe. un e ceux que j'ai aimé par ailleurs :

 

 

Garden of love est encore un texte noir. Le personnager principal ( à la troisième personne mais un narrateur omniscient) fait allusion aux autres protagonistes (issus de son passé et réveillés par le retour de l'un d'eux et l'arrivée d'un manuscrit révélateur) à la troisième personne et en ménageant le suspens par un retardement des détails donnés...
Il s'agit de sombres histoires d'enfance. Avec un secret lourd et conséquent. Assez conséquent pour que le personnage principal ressorte son Ruger calibre38. Avec des complexités, type multiples points de vue

Pourtant j'ai du mal à dire que j'aime ce livre. Je trouve les premiers chapitres de descriptions du bonheur familial auquel le perosnnage n'arrive pas à croire, un peu mièvres et glucose. J'ai du mal à m'attacher au supsens qu'on m'impose par un artifice grammatical excessif.
Pourtant quelques bons morceaux, comme la description du cadavre... très "romantique"....

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Samedi 5 juillet 2008

"On s’habitue à tout. Il suffit de suivre le Tour de France pour que la folie vous semble un état de nature."

                        Albert Londres, le 8 juillet 1924                     

       En ce jour de début de Tour de France, j'ai lu.
       On nous dit que le vélo a changé, on dit que cette année ça y est la Tour est propre. Jeu de dupes qui dure et se réitère fidèlement, cyclique le cyclisme. 
       Albert Londres (1884-1932, écrivain et surtout grand journaliste français) a signé un court essai Les Forçats de la Route. Il a suivi le Tour deux années de suite et ce sont ses articles. C'est gratiné et surtout ca replace.


« Les frères Pelissier et Ville abandonnent »

Coutances, 27 juin 1924

 

« La nouvelle parvint : les Pélissier ont abandonné. Nous retournons à la Renault et, sans pitié pour les pneus, remontons sur Charbourg. Les Pélissier valent bien un train de pneus…

(…) Les Pélissier n’ont pas que des jambes ils ont une tête et, dans cette tête, du jugement.

- Vous n’avez aucune idée de ce qu’est le Tour de France, dit Henri, c’est un calvaire. Et encore, le chemin de Croix n’avait que quatorze stations, tandis que le nôtre en compte quinze. Nous souffrons du départ à l’arrivée. Voulez-vous voir comment nous marchons ? Tenez…

De son sac, il sort une fiole :

- Ca, c’est de la cocaïne pour les yeux, ça c’est du chloroforme pour les gencives…

- Ca, dit Ville, vidant aussi sa musette, c’est de la pommade pour me chauffer les genoux.

- Et des pilules ? Voulez-vous voir des pilules ? Tenez, voilà des pilules.

Ils en sortent trois boites chacun.

- Bref, nous marchons à la « dynamite ».

 

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Jeudi 3 juillet 2008

Si un jour, comme l'a prophétiser Leibniz, les bibliothèques deviennents des villes, il y aura aussi des ruelles sombres et tortueuses comme à présent.
                                                                                                                                J 861   

Lichtenberg (Georg Christoph)
Le miroir de l'âme
José Corti

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Jeudi 3 juillet 2008
Pierre Senges s'inscrit (dand Fragments de Lichtenberg) en faux de l'affirmation que les phrases courtes des journaux de Lichtenberg reproduites dans Le miroir de l'âme ne sont pas des aphorismes...



Un fou qui s'imagine être un prince ne se diférencie aucunement du prince qu'il croit être, hormis qu'il est le négatif du prince et ce dernier, le négatif du fou. Qu'on néglige de considérer les signes, ils sont égaux.

Lessing. Un titre ne doit pas être un menu.
                                                                   AK 134

La bière est un pain qui se boit
                                                                   
AK 199
Tout apprendre, non point pour l'afficher, mais s'en servir.
                                                                   AK 262
Lorsqu'il se servait de sa raison, on eût dit un droitier contraint d'utiliser sa main gauche.
                                                                   
B1

De mêm qu'il y a des mots de plusieurs syllabes qui disent très peu, de même également il y en a d'une seule syllabe dont le sens est infini.
                                                                     
H 64

Il aimait surtout les mots qui n'avaient pas l'habitude de se trouver dans les dictionnaires.
                                                                      H 90








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Jeudi 3 juillet 2008
Georg Christoph LICHTENBERG

       J'avais emmené Couteau sans lame et autres récits satiriques (publié comme tous les Lichtenberg chez José Corti)avec moi quand j'étais partie en Autriche en septembre dernier (Je vais vous dire où je parle cette année en solo encore et toujours) et ça avait été un régal cet impertinence éclairée.

      Justement dasn les premières pages de son MAGNIFIQUE livre sur Lichtenberg, Pierre Senges évoque le fait que "Licht" en allemand vaut dire lumière...
J'ai édoré parcourir - parce que je ne peux pas vraiment dire que je l'ai LU - ce livre avec une mise en page géniale : le texte principal qui met Lichtenberg en personnage principal mis à distance et l'étude... et des encarts en caractères plus petits, à la manière des gloses des livres d'avant les incunables...
       J'ai noté l'encart sur les phrases que Lichtenberg s'était noté comme dernière phrase  possible avant de rendre son dernier souffle... et un passage très bon sur la feuilletonnesque en littérature.


       J'ai accompagné ma "lecture" de Pierre Senges bien évidemment de l'ouvrage dont il se sert et dont il cite des passages des aphorismes qui n'en sont pas.
Vite frustrée de me limiter aux renvois de Pierre Senges pourtant toujours pertinents, et souriants, je me suis lancée dans le grignotage sauvage. Le prochain poste sera consacré à des morceaux de Le miroir de l'âme.

Bibliographie :
Senges (Pierre), Fragments de Lichtenberg (Verticales, 2008)

Lichtenberg, Couteau sans lame (Corti)
                            Lettres à ceux qui sont nés un 29 février (Corti)
                            Le miroir de l'âme



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