Dans le dernier numéro de étapes, deux trouvailles en plus du plaisir
visuel toujours renouvelé ; un article - auquel j'ai rien compris mais le sujet m'a interessé - sur un concours de beaux livres ( j'en reparle tout à l'heure ou demain) et une interview hyper
interessante de
Pierre di Sciullo
L'interview de plusieurs pages, illustré comme toujours dans étapes très fastueusement, sous le prétexte très bon de passer en revue son travail explore quelques thématiques sur graphisme, typographie, architecture, signalétique, ... et les croisements de tout ça.
Outre que je vous conseille de lire l'interview, de voir les photos, voici tout de même deux trois petites choses qui m'ont soit plu, soit questionnée.
Mais d'abord, les présentations
Pierre di Sciullo, né à Paris en 1961est souvent qualifié de graphiste et typographe
En 1983, il a commencé la conception et l’édition et la publication Qui ? Résiste, une série de manuels sur des sujets variés, qui devient rapidement son support privilégié d’expérimentation.
Après avoir créé le Quantange, le Minimum ou le Gararond, il dessine l’Amanar, 4 polices de caractères digitales en écriture touarègue, permettant aux Touaregs d’accéder pleinement à l’imprimé et à l’écran.
Il développe aujourd’hui ses projets dans l’espace avec des scénographes et des architectes. Ses oeuvres graphiques et typographiques prennent place dans l’environnement comme autant d’incitations et d’interpellations à redécouvrir la lecture, les mots, la poésie.
Le site de Qui ? Résiste comporte les traces de tous ses projets. Il y a des
choses assez belles en lien avec le monde du livre. Notamment une réalisation avec Cox et deux couvertures pour les éditions Panama, la couverture
du premier roman de Raphaël Meltz.
Les réalisations qui focalisent l'attention des interviewers sur les typographies dans l'architecture donc
Le mot Santé à Bobigny
Les réalisations pour le Centre national de la Danse
Le T de Tramway pour la ville de Nice
et mon préféré le Musée Champollion à Figeac (ça me donne envie d'aller à Figeac)
Une façade sans huisserie avec une deuxième couche à l'intérieur, un mur "aux mille signes" avec des signes typographiques, des
glyphes et hiéroglyphes, des idéogrammes,...
A son propos Pierre di Sciullo dit lors de l'entretien :
« Des choses à lire, pas seulement à épeler. Dans certains systèmes d’écritures non alphabétiques – idéographique, par exemple -, le seul fait de mettre un signe, c’est déjà désigner une notion, presque une phrase. J’ai d’ailleurs inséré quelques messages plus ou moins secrets. (…) On peut voir au dessus de l’entrée deux hiéroglyphes égyptiens, l’un signifie « monument », l’autre « écriture » : le rapprochement des deux indique le musée des Ecritures ; l’architecture lui-même l’ignorait. Il y a aussi une calligraphie bouddhiste, à un certain endroit, par exemple, dans laquelle les idéogrammes sont tellement enchaînés qu’ils constituent vraiment une phrase, et d’autres choses encore… »
« J’ai appelé cette façade « moucharabieh typographique polyglotte ». C’est une sorte de « casse de composition » (…) C’est aussi un grand poème (…) j’ai redessiné, par exemple, certains caractères de Dürer »
Je trouve que ca rapelle le mur de l'institut du monde arabe
Quelques extraits, donc, de cet entretien qui ont retenus mon attention :
Une définition des métiers lumineuse
« J’ai reçu, à ce propos, une leçon dont je me souviendrais toute ma vie. Assez intimidé, j’avais pris mon élan pour appeler Adrian Frutiger : Bonjour, je suis typographe, et j’aimerais bien venir vous voir. Il me répond aussitôt, presque cassant : Dans ce cas, jeune homme, vous n’êtes pas peut-être pas avec la bonne personne : vous auriez dû rencontrer Emil Ruder ; malheureusement il n’est plus de ce monde. En ce qui me concerne, je ne suis que dessinateur de lettres. J’ai vraiment compris ce jour-là la différence qui existe entre les dessinateurs de caractères qui créent des alphabets, les typographes qui mettent en forme le texte dans la page (avec généralement des caractères créés par d’autres) , et les graphistes, qui sont souvent – mais pas toujours – typographes. En ce qui me concerne, je cache les trois cases… »
Une citation de la pensée de Mouvement moderne, citée et refutée par Pierre di Sciullo :
« Nous allons rendre la lecture plus facile, développer une esthétique qui pourra améliorer la vie des gens, mettre de l’ordre dans le monde… »
Et il fait allusion à L'Univers de Adrian Frutiger (à creuser)
« Tout cela vient sans doute de la tradition humaniste : les dessinateurs de lettres étaient des amoureux du texte. Pour eux, il ne s’agissait surtout pas « d’interférer », mais de créer des caractères adaptés à la transmission des œuvres des penseurs de leut époque. Idée notamment affirmée avec force par Emil Ruder »
« Voilà cequi illustre peut-être la relation entre typographie et architecture : depuis l’Antiquité – et notamment à Rome -, on grave des inscriptions, en capitales, sur les monuments, souvent en accompagnement d’un programme de scultptures. On y retrouve des inscriptions et des allégories tout au long de l’histoire…"
Il note que le décret qui définit le cadre d’application du 1% artistique précise bien que ce type de commande peut être passé à des graphistes, des paysagistes, etc.
Et à l’occasion, il souligne que pour le mot Danse pour la centre national de la Danse, du coup on était très proche de l’enseigne. Et que le 1% artistique se trouve avoir une «fonction ».
Et là moi je trouve que la frontière devient mince avec la signalétique. Identité visuelle et fonctionnalité. Donc communication.
Je vous signale aussi que sur le Figaro.fr, dans la rubrique "High-tech" vous pouvez régulièrement lire des chroniques sur les blogs...
Moi je me suis instruite édifiée ou régalée en lisant
ou
http://www.lefigaro.fr/high-tech/20070722.WWW000000055_lire_entre_les_bombes.html
sur la bibliothèque nationale d'Irak et son directeur qui tient un blog....
Même source, quelques lignes à explorer
http://www.lefigaro.fr/high-tech/20070720.WWW000000241_experiences_sur_le_web.html
Article à lire dans Libération sur le discours de Sarkozy à Dakarr
"Le poids de la tradition.
A propos du discours de Nicolas Sarkozy à Dakar."
Article très bien vu. Parfois un peu vindicatif dans la formule mais pour autant non pertinent ....
Il y a encore souvent dans Libé des articles, du journalisme de l'investigation...
Je ne sais pas ce qu'il vaut mais je signale tout de même (comme une intention de lecture ou un appel à VOS lectures) :
Sorciers Blancs
livre de Vincent Hugeux journaliste dasn les pages monde de l'express (après avoir bossé pour Le monde). Vous pouvez l'entendre et le voir parler de son
livre et sa genese là :
http://www.lexpress.fr/info/monde/dossier/francafrique/dossier.asp?ida=454819

[V]ous avez dit...