Lundi 23 juin 2008
"- C'est absurde ! c'est fou ! Qui pourrait dérober un reflet dans un miroir ?... Qui le pourrait ? Le diable ?"
Hoffmann," les aventures de la Nuit de Saint-Sylvestre" in : Fantaisies  


Je suis tombée en papillonnant, au hasard sur un truc absolument génial qui a réouvert des portes et de délicieuses réminiscences

Chamisso
L'étrange histoire de Peter  Schlemihl

           Un auteur franco allemand (à noter qu'il est né en Champagne et que sa famille devient allemande
 quand il a dix ans, qu'il va naviguer entre les deux pays et les deux langues) Ses dates 1781 - 1838.

          Un conte un récit entrant totalement dans l’inquiétante étrangeté de Freud, fort en réferences à la littérature allemande romantique, aux mythes fondateurs...

         Le narrateur a l’expression droite et digne. De ces narrateurs dont la droiture est toute « 19e » et qui me font souvent me rappeler que la mise en doute de l’intégrité, de la sincérité du narrateur date d’Agatha Christie et son Meurtre de Roger Ackroyd

          Il croise un personnage inquiétant en complet gris qui dans une sorte l’escalade de l’irréel sort des choses improbables de ses poches au gré de ses convives une lunette de dollond, une couverture, un barnum, des chevaux… et qui va vouloir acheter au narrateur, son ombre… En échange, il lui propose des artefacts tirés de tous les mythes et autres contes (les pièces du juif errant, les bottes de sept lieux, la racine de circé, ...).

         Ce pacte - car l’emprunt pour la conversation des deux protagonistes d’une phrase que j’ai reconnue comme l’une de celle du Faust de Goethe (vient-elle plus anciennement d’un conte populaire allemand, d’une tradition orale… ) nous fait clairement passer du vague sentiment d’étrange, à celui d’inquiétant. Et on pense au diable immédiatement.



Je me suis, dans mon mini carnet voyageur, noté des éléments qui me font pétiller les pensées et souvenirs :

          Le gris ("grau") revient souvent dans les contes étranges allemands comme le "grausam" qui vaut dire "maléfique" "cruel" et renvoit du Diable.

           Cette lunette qu'il sort de sa poche, elle me rappelle étrangement les lunettes du grisâtre Cornelius de L'Homme au sable dans les Contes d'Hoffmann (choisit aussi par Offenbach pour ces trois songes de l'Opéra Contes d'Hoffmann).   



         Mais, être déssaisi de son ombre n’est pas sans conséquence. L’ombre m’apparait bien vite, suis-je naïve, comme allégorie (ou métaphore) de l’âme… on pense aussi à l’absence de reflet dans les miroirs qui dénonce les créatures maléfiques que sont les vampires et autres démons nocturnes.

Et que dire d’un être qui en aurait deux ?!


Et, pour le coup, comment ne pas penser d'autres références :

Notamment ce Conte d'Andersen L'Ombre :

  extrait :

Un soir, le savant était assis sur son balcon, et, derrière lui, dans la chambre, brûlait une bougie; il était donc tout naturel que son ombre se dessinât sur le mur du voisin. Elle se montrait entre les fleurs, et répétait tous les mouvements du savant.

« Je crois que mon ombre est la seule chose qui vive là, en face: comme elle est gentiment assise entre les fleurs, près de la porte entrouverte! Elle devrait être assez fine pour entrer, regarder ce qui se passe, et venir me la raconter. Va donc! cria-t-il en plaisantant; montre au moins que tu sers à quelque chose: allons! entre. »

Puis il fit un signe de tête à l'Ombre, et l'Ombre répéta ce signe. « Va! mais ne reste pas trop longtemps. »

A ces mots, le savant se leva et l'Ombre fit comme lui. Il se tourna, et l'Ombre se tourna aussi. Quelqu'un qui eût fait attention aurait pu voir que l'Ombre entrait par la porte entrouverte chez le voisin, au moment où le savant entrait lui-même dans sa chambre en tirant derrière lui le grand rideau.


Et on se rappelle aussi que Peter Pan recout son ombre... Il est vrai que l'ombre est un concept qui renvoie au mythe de la caverne de Platon et que ca mène loin, mais ce qui est sûr c'est que, moi un peu simplement, je mets ça sur le compte d'une entéléchie.

On pense aussi au Port

Le visage, le regard, le reflet, l'ombre ... qui disparaissent, qui sont des monnaies d'échange avec le Diable...

On pense aussi au portrait de Dorian Gray de Oscar Wilde, où l'image de l'ui vieillit quand lui ne vieillit, et qui vieillit au rythme où il pervertit son âme.

On pense plus populo à cette réplique dans le film "Gapser'... où le fantôme Gasper explique à l'ado en plein mal de vivre qui vient d'emmenager dans la maison qu'il hante qu'il ne peut l'accompagner au bal d'Halloween, d'ailleurs pour commencer... tiens il n'a pas de reflet dans le miroir. Le reflet est-il manifestation d'une âme ?


             Etonnant ce récit extraodinaire, bourré de symbolisme, s’appuyant sur les mythes fondateurs est, je pense, méconnu si ce n’est inconnu ! Et pourtant, récit court, passionnant, vocabulaire un peu suranné mais fleuri et varié, une foisonnance imaginaire et une ambiance de conte.

 

Bibliographie :

Chamisso, L'étrange histoire de Peter  Schlemihl (la traduction du titre pourrait tout aussi bien être "édifiante", "fantastique", "étonnante".. le terme originel de "wonder" recouvre potentiellemnt ces notions-là)

Hoffmann, Les Contes ( et notamment "L'homme au sable", "Les aventures de la nuit de Saint Sylvestre", et peut-être mais c'est plutôt dans la veine des romans à enigmes "Madame de Scudéry")

Goethe, Faust

 

Andersen, Ombre

 

Offenbach Les Contes d'Hoffmann

                      Il y a un livret assez bon dans la collection de L'avant-scene Opera.

Mais aussi

Barrie, Peter Pan (j'ai lu le livre, j'ai la version filmée intitulée "Hook" et le film de Marc Forster  sur Barrie "Finding Neverland" et je vais chercher à voir le dessin animé et la version filmée de 1953 - les deux de Walt Disney, faut se déplacer pour comprendre ! - et je vous redis)...

"Gasper" un film très grand public

 

Et sinon un essai que j'ai lu il y a quelques années, avant d'en rencontrer l'auteur au Mans en conférence :

Tzvetan Todorov, Introduction à la littérature fantastique

 

Je me programme :

Trouver une représentation de l'Opéra de Offencbach un jour

Trouver un livret fiable de l'Opéra de Mozart "Le Revizor" pour voir comment il décrit le personnage de réincarnation de son père si étrangement inquiétant...

Voir une adaptation dessin animé des contes d'andersen et notamment de L'Ombre... sisi il paraît que ca existe !

 

 


 

      

publié dans : totalographies - unheimlich par Ln
ajouter un commentaire commentaires (0)   
Mardi 29 avril 2008

J’étais Jack Mortimer

Alexander Lernet-Holenia

 

            Pseudo de Alexander Marie Norbert Lernet, 1897-1976, c’est un auteur autrichien d’origine aristocratique . sa production est semble-t-il prolifique et diverse. Il aurait été auteru de rmans, de poésies mais aussi de scénarii pour le cinéma.

            Dans ce récit improbable, un chauffeur de taxi (autrichien – dans des rues aux noms autrichiens ça fait plaisir) se trouve au lendemain d’être tombé amoureux d’une passagère (de noble extraction)  a prendre en charge un homme qui se fait assassiner à l’arrière de son taxi.

Pour dénouer les fils de cette histoire de dingue, il se retrouve un peu malgré lui et par maladresse à endosser la personnalité de son défunt client.

           La personnalité de ce personnage (qu’on qualifie souvent de psychologie du personnage) est déroutante, limite agaçante dans les premières pages. On sent le type qui hésite dans tout, qui fait les choses par envie mais en reculant, incertain. Ce qui donne des premières pages presque insupportables de questions courtes, et phrases courtes… nous suggérant ce chauffeur avec son cadavre à l’arrière, incapable de décider ce qu’il convient de faire, montant le discours qu’il pourrait tenir pour expliquer les faits qu’il ne comprend pas lui-même puis essayant intérieurement de justifié pour un autre encore hypothétique le temps qu’il met à se décider à agir, à révéler cette mort ce meurtre … puis cherchant des idées pour ne pas avoir à se confronter aux questions d’autrui sur tout ce temps qui défile pendant qu’il est indécis…

Grrrrr … C’est bien mené mais c’est agaçant ! Mais bien mené !

 

 

 

J’enchaîne par un heureux hasard sur une publication récente.

Le Calligraphe : les 6 jours d'une étrange affaire

Pavao Pavlicic

Traduit du serbo-croate

Gingkoéditeur

Il s’agit du journal, des notes d’un chauffeur de voitures officielles. On découvre donc qu’il a noté les conversations de gens de pouvoir… mais au fil de cette lecture les révélations politiques prennent un tour étrange….

            Je n’ai pas  fini donc je vous en reparlerai mais je ne pouvais que noté l’étrange enchaînement de ces narrateurs chauffeurs, de ces conducteurs aux commandes du récit…

publié dans : totalographies - unheimlich par Ln
ajouter un commentaire commentaires (0)   
Lundi 28 avril 2008

Saki (H.H. Munro)

La fenêtre ouverte

            Présenté par Graham Greene

 

Un auteur méconnu ou oublié de la littérature fantastique, né en 1870 mort en 1916.

Il s’agit de nouvelles.Un humour noir, un cynisme que je n’avais jamais lu avant. Complètement fou ! Aucun qualificatif superlatif ne me vient.

 

Il dépeint dans des nouvelles, où figure systématiquement un certain Clovis au détachement et cynisme sans pareil, une société guindée et absurde… Des propriétés en campagne où les bébés franchissent les haies pour aller s’asseoir au milieu de la route dans un coin où une hyène se baladait justement dans une nouvelle précédente, un assistant d’évêque qui vient faire une inspection de pitié et tue le voisinage... un chat qui parle et – non loin de celui d’alice – le fait avec astuce et émet un jugement sur l’humain qui traduit une grande acuité et acidité. Dans cette nouvelle, intitulée « Tobermory », je relève ces mots :

« Un archange proclamant dans l’extase le Millenium pour constater qu’il se heurtait à l’opposition de l’Osservatore Romano n’aurait guère pu sembler plus dépité que Cornelius… »

Voilà une métaphore, une comparaison qui a de la tronche !!! Dans cette nouvelle où le chat parle, le maître instructeur s’appelle Cornelius (un nom de personnage de roman de ce style, s’il en est).

 

Ou dans une autre :

« J’aimerais que vous me transformiez en loup, Mr Bilsiter, lui dit son hôtesse au déjeuner, le lendemain de son arrivée.

(…) En loup-garou femelle, bien sûr ; ce serait trop de changer de sexe et d’espèce en même temps. »

 

Ou

« C’est une hyène, m’écriai-je ; elle a dû s’échapper du parc de Lord Padham.

(…)

L’hyène salua notre approche avec un soulagement indéniable et nous prodigua les manifestations d’amitié. Elle avait sans doute l’habitude de voir les humains la traiter avec bonté, alors que son premier contact avec un meute lui avait laissé une mauvaise impression.(…)

- qu’allons-nous faire, demanda constance.

- vous êtes très forte pour les questions, dis-je

- En tout cas, nous ne pouvons quand même pas passer toute le nuit ici avec une hyène, répliqua—elle.

- J’ignore quelle conception vous avez du confort, dis-je mais je ne songerais pas davantage à passer toute la nuit ici, même sans hyène. »

 

Parmi celles qui m’ont marquée L’apprenti sorcier, Le Conteur, Tobermory

 

Il est assez dur de rendre compte de l’atmosphère étrange de ces nouvelles. Les personnages, décors, et autres sont réalistes bien que décrit avec une distance railleuse qui déjà est délicieuse et surviennent des événements fantastiques auxquels les personnages réagissent mais de façon décalé…. Comme si on n’avait pas la même appréciation qu’eux de l’absurdité, du fantastique et ca renforce l’impression de burlesque tout en ayant pas un accent totalement irréaliste.



En lecture

J’étais Jack Mortimer

de Lernet- Holenia



En écoute

Du ska punk

 

Vu

C’était demain

            Film de Sf où l’on croise HG Wells dans son salon expliquant le fonctionnement de sa machine à remonter le temps à un Stevenson qui va s’avérer être Jack l’éventreur qui s’enfuit dans le futur pour échapper à la police. Wells part à sa suite pour l’arrêter et tombe amoureux dans le futur où il débarque dans un musée de San Francisco présentant une exposition hommage à son travail (qui reproduit son bureau et présente sa machine)

 

En visionnage

Toujours la série « Age de cristal » gentille mais pas haletante série des années 70 qui nous montre un monde post apocalyptique où les humains vivent sous terre dans une société digne d’une utopie où tout est régulé (par une élite invisible), même les morts qui surviennent systématiquement à 30 ans faisant miroiter à ceux qui la subissent une résurrection et où entretient la peur de la vie en surface. Comme souvent dans les récits d’utopie, un homme et une femme (et là en l’occurrence affublés d’un androïde, ce qui est une bonne idée somme toute) bravent tous les interdits et vont à la quête de l’Eden promis à l’extérieur et rencontre dans leur périple des tonnes de micro sociétés, comme autant d’utopies.


"Charlie Jade" une série de SF assez bien foutue


En teasing

Une adaptation d’une pièce de Ghelderode à Ivry.

un mariage mais pas le mien qui me prend tout mon temps

publié dans : totalographies - unheimlich par Ln
ajouter un commentaire commentaires (2)   
Mercredi 28 mars 2007
D. McKean
Attardons nous
Il a donc travaillé avec Neil Gaiman
De la jeunesse
Le jour où j’ai échangé mon père contre deux poissons rouges
Et
Des loups dans les murs
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
  
 
 
 
 
Il a publié des Albums adultes seul, notamment un très bel objet :
Cages

 

 
Ces deux auteurs ont un univers qui se rapproche de ce que je cite à tout bout de champs et de chants : l’inquiétante étrangeté… (dégagée par Freud à partir d’hoffmann et notamment sa nouvelles « L’homme au sable » pour autant que je sache)
 
 
Je ne comptais pas vous enlever l’envie de le lire mais plutôt vous inviter à lire


Neverwhere
Un opus génial
Qui vous amenera très surement à ne plus prendre le métro pareil !!! Surtout le londonien
 
 
 
 
 
publié dans : totalographies - unheimlich par Ln
ajouter un commentaire commentaires (0)   
Mardi 3 octobre 2006
L'ACCORDEUR DE TREMBLEMENT DE TERRE
Un film de Stephen Quay et Timothy Quay
Avec Amira Casar, César Saracho, Gottfried John, Assumpta Serna
Durée : 1h39
Sortie le 20 septembre 2006


vu avec Le Chat Fou et Canard
à l'Espace saint Michel
                                            cinéma génial où j'ai aussi vu Plympton

PITCH
Le Dr Emmanuel Droz (Gottfried John), inventeur ayant découvert comment ramener un être humain du Royaume des Morts, nourrit une obsession dévorante envers une cantatrice, Melvina (Amira Casar). Afin de s'unir à elle à jamais, le docteur élabore un plan diabolique : il assassine la jeune femme et l'emporte dans sa propriété isolée, la Villa Azucena, afin de la ramener à la vie tout en la maintenant dans un état d'apathie. Afin de réviser ses instruments, des automates qui hantent son domaine, et de mettre en scène la jeune femme dans l'opéra diabolique qu'il a conçu pour elle, le docteur engage un accordeur de piano, Felisberto (César Saracho). Guidé sur les lieux par Asumpta (Assumpta Serna), la mystérieuse compagne du Dr Droz, Felisberto découvre les projets malsains de son employeur et se jure de sauver la cantatrice.


Une ambiance onirique... fascinante.
Tout semble y être. Vous savez de ces film s dont on se dit "il est cosmogonique"
L'esthétique est belle. Il est irréel... l'inquiétante étrangeté de freud... 

A la base l'île c'est l'île des Morts clairement
ile-des-morts-1883.jpg









magritte.jpg
L'Ile des morts (1883), d'Arnold Böcklin


Il y a du magritte dans les personnages qui sont dasn la forêt de nuit....



Littérature
Il y a du "Marchand de sable" de Hoffman dans les automates, les scènes filmées "réelles" laissent parfois la place à des animations
Kafka Le château
Ghelderode Sortilèges et autrese contes crépusculaires
                                                                   
J'adore cet auteur marge... vous p ouvez lire des réactions sur cet auteur ici
Bruno Schulz  La boutique de cannelle 
Walser Fiction
Bioy Casares L'invention de Morel
Verne LE château des Carpathes
Roussel Locus Solus

                et je me lance dans la lecture de ceux que je  n'ai pas déjà lu.


Cinéma

Dreyer vampyr

vampyr2.jpg

Epstein
La chute de la Maison Usher

usherb.jpg













Jean Vigo, L’atalante

Bunuel

        Cocteau la belle et la bete

Borowczyk (Les contes immoraux (pas été au bout trop long un peu confus mais c’est peut-e^tre moi qui suis confuse en fait), Les Astronautes avec Chris Marker – vraiment chouette)

Ruiz

Lynch

Tim Burton (bettlejuice, etrange noel, ed wood, voncent, sleppy hollow…

    Terry Gilliam (a produit)

        Peter Greenaway (meurtre dans un jardin anglais

                Guy Maddin (Archange (pas mal), Dracula (vraiment beau) et Saddest music of the world (extraordianire étrange dérangeant beau, je suis allée le voir là encore avec Chat fou et Canard... j'ai vraiment beaucoup aimé ce film noir étrange et dérangeant...)

Musique

 

Vivaldi Nisi Dominus (in Stabat Mater)

 

Trevor Duncan (qui a collaboré à la Jetée de Chris Marker)

 
rockeurs de Mogwai

 

 

Divers

Jan Švankmajer (1934-   ) est un artiste surréaliste tchèque.Les frères Quay ont produit un court métrage très beau intelligent et ingénieux sur cet artiste et ces marionettes

De lui je décide de voir Alice
alice.jpg

 
publié dans : totalographies - unheimlich par Ln
ajouter un commentaire commentaires (0)   

Pour vous servir...

[V]ous avez dit...

Syndication

  • Feed RSS 2.0
  • Feed ATOM 1.0
  • Feed RSS 2.0

Essentiel

Recherche

 
faire un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur avec TF1 Network - Signaler un abus