Juste un renvoi, une fois n'est pas coutume, sur l'excellent (parce qu'harmonieusement équilibré dans la
constance du sujet traité avec sérieux, des analyses et recherches et l’humour des références parfois) bibliobsession.
Une nouvelle qui m'était bien sûr passé à côté.
En manière de commentaire, je faisais rebond sur la remarque quant à la conservation, et -histoire
d'alimenter encore un débat dont je ne suis toujours pas convaincue de la portée - en renvoyant à la polémique dans le monde des bibliothèques qui s'est lancée autour de l'article (enfin
l'interview) que j'avais par ailleurs mentionné de Jean-Yves Mollier sur le
désherbage.
Cet universitaire - dont j'avais cité le livre à La Dispute Où va le livre - porte un regard
juste sur l'univers Gutenberg, comme il a lui-même coutume de l'appeler. Je ne reviens pas sur la défense de ce brillant esprit, puisque même les intervenants polémiquant sur ses propos arrivent
à admettre que là ne se place pas la discussion.
Quant aux échanges des professionnels sur le sujet, ca va dans tous les sens. Je ne pourrais pas faire œuvre
de modération en faisant le point de tous les aspects de la question, tous les arguments avancés (il n'y en a déjà trop dans ce que je lis - sans compter ce que je ne lis pas) et faire une
synthèse ouvrant sur plus... Mais, quelques avis personnels pour ajouter au bruit
Dans ce débat sur le « désherbage » (jargon professionnel pour désigner une pratique tout aussi professionnelle et salutaire répondant à tout
un faisceau de critères du plus prosaïque et quantitatif au plus qualitatif et à la limite du subjectif – d’où la difficulté et les commentaires enflammés – consistant donc à
enlever des rayonnages des ouvrages – trop vieux, inadaptés, obsolètes, inusités ET non fondamentaux pour la matière et dans la collection), beaucoup de choses se sont crispées autour de l’idée
de perte d’un ouvrage, qui deviendrait introuvable… Non, je n’avancerai pas de suite Internet…
Eviter la perte, la disparition d’un exemplaire de la surface consultable
de la planète n’est pas la responsabilité d’un bibliothécaire isolé. Tout est question d’intelligence d’un partage de tâches au sein d’un réseau identifié et identifiable. Qu’on se reporte à la
politique – peut-être trop timorée – des pôles associés de la bnf. François Ier est le papa de la bibliothèque nationale en France. Le dépôt légal était aussi bien un outil de
contrôle qu’un outil de conservation. Puis, les professionnels ont posé qu’il serait plus intelligent (ne serait-ce qu’en matière de place physique) de répartir la conservation systématique des
publications entre établissements, par thématique dans l’idéal lié au local et à ses spécificités.
Tel ouvrage n’est plus dans votre bibliothèque municipale ?! mais il est conservé ailleurs. Il faut militer non pour la conservation aveugle
(impossible pour des questions de places de pertinence des collections, tout ceci fixé dans les missions des bibliothèques – les municipales à l’exception des 64 bibliothèques municipales
classées parce que dépositaires des fonds issus des confiscations révolutionnaires n’ont pas vocation de conservation – justement parce que c’est la tache d’autres) mais bien pour un meilleur
service de prêt entre bibliothèques. Ca existe c’est peu développé.
Il est intéressant, pour l’occasion, de noter que le discours des bibliothécaires a
glissé de « satisfaire les besoins des populations desservies et à desservir » vers « les demandes ».
Ca n’infère pas vraiment les mêmes enjeux. Dans la notion de « besoin » il y avait « le demande inconsciente » il y avait l’idée
qu’un professionnel de l’information et communication et de la documentation pouvait, avec ses outils professionnels, proposés à son public des outils entre les demandes conscientes et celles qui
pouvaient naître d’une offre bien pensée.
Contrairement à des commentaires un peu faciles que j’ai pu lire, la « longue traine » n’est pas un avatar de « filer leur ce qu’ils
attendent » mais bien une manière de s’appuyer sur les demandes conscientes pour aller vers le inconscientes. Enfin, je le comprends ainsi.
Mais les bibliothèques sont en pleine tourmente, comment justifier des années de
conséquents crédits publics pour des services dont les résultats statistiques sont en chute (mais si le Credoc a offert une étude bouée un peu surfaite aux professionnels des bibliothèques – même
si les séjourneurs et les usages non quantifiables sont de fait en augmentation et non négligeables) ? Justifier leur présence, leur existence leur utilité, exploser les chiffres… on
confond tout dans la panique.
Les bibliothèques sont des lieux où peuvent intelligemment cohabiter et même de
compléter analogique et numérique. Le papier mémoire de civilisation et siège des identités. Le numérique et ses ouvertures. Penser « glocal » pour reprendre la pensée de Philippe
Quéau.
Les professionnels doivent se positionner autrement, toujours médiateurs de
l’information et de la connaissance, il leur faut adapter leurs savoirs et savoirs faire aux outils et aux fournisseurs d’information. Devenir l’interface efficace entre les produits et
fournisseurs et les « clients » des connaissances, informations… D’ailleurs pour s'en convaincre, lire l'article du Monde sur la traduction « Les effets pervers de la
Toile » signé Pol-Droit et dénonçant le règne de l'accessibilité des traductions médiocres sur Internet (je schématise) et d'absence de validation et ou d'appareil critique... et la réaction
à celui ci de Francois Bon sur son tiers livre
Les politiques d’acquisition depuis le temps que quelques uns le disent sont la
justification de l’utilité de chaque établissement. Il faut la concevoir la poser. Vous savez : l’élaborer en intelligence avece l’autorité de tutelle, les élus, en tenant compte des
chiffres municipaux, d’une carte géo de la municipalité localiser les tranches de publics, de leurs environnement et les besoins qui en découlent, les niveaux d’études et les équipements, les
cultures d’origine… J’enfonce des portes ouvertes, mais j’ai cru comprendre en lisant les réactions diverses autour de l’article de Télérama avec Jean Yves Mollier, que c’était encore bien
nécessaire.
j'en profite pour continuer à faire circuler ce lien ludique et excellent sur les bibliothèques... un bon petit dessin animé... enfin non bonne petite animation souriante
[V]ous avez dit...